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800 000 personnes infectées et 4 000 morts par an
Le Monde 24.12.03
par Paul Benkimoun

PRÈS de 7 % des patients hospitalisés en France présentent une infection, et celle-ci est contractée soit dans l'établissement où ils se trouvent (6 %), soit lors du séjour dans un autre établissement (1 %), indiquait une enquête réalisée en 2001, à la demande du ministère de la santé, un jour où 305 656 personnes étaient hospitalisées. Au total, environ 800 000 personnes contractent chaque année une infection nosocomiale d'une gravité variable. Une autre étude, réalisée en 2002 par le Centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CCLIN) Paris-Nord auprès de 16 hôpitaux, montrait que ces maladies " contribuent directement de façon certaine " au décès d'environ 4 000 patients chaque année en France. Le chiffre d'environ 10 000 morts était jusque-là communément avancé.Les infections nosocomiales sont considérées comme telles lorsqu'elles étaient absentes au moment de l'admission. L'état infectieux du patient étant parfois inconnu à son entrée à l'hôpital, " l'infection est classiquement considérée comme nosocomiale si elle apparaît après un délai de 48 heures d'hospitalisation. Ce délai est cependant assez artificiel et ne doit pas être appliqué sans réflexion ", peut-on lire sur le site du ministère de la santé.L'infection peut être " endogène ", le malade s'infectant avec les germes dont il est porteur, à la faveur d'un acte chirurgical ou invasif, ou en raison d'une fragilité particulière. Elle peut être " exogène " : transmission d'un malade à l'autre, germe porté par les soignants, contamination dans l'établissement (eau, air, matériel...).

TROIS GERMES PRINCIPAUX
Le plus souvent, ces infections siègent dans l'appareil urinaire (40 %, dont 24 % sans symptômes). Les autres sièges d'infection les plus fréquents sont la peau et les muqueuses (11 %), le site opératoire (10 %), les poumons (10 %) et la partie haute de l'appareil respiratoire (9 %). Trois germes représentent à eux seuls plus de la moitié des infections : Escherichia coli ou colibacille (23 %), staphylocoque doré (20 %) et Pseudomonas æruginosæ (11 %). La loi du 1er juillet 1998 sur la sécurité sanitaire a renforcé la lutte contre les infections nosocomiales. Elle a élargi aux cliniques privées l'obligation, faite aux hôpitaux, de mettre en place un comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN). Elle a affirmé le principe d'un recueil et d'un signalement de ces infections et a élevé le niveau de qualité de la stérilisation des dispositifs médicaux.

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